Sam Francis

1923 (San Mateo) - 1994 (Santa Monica)

Portrait de Sam Francis en noir et blanc

Biographie

Sam Lewis Francis dit Sam Francis, est né à Sans Mateo, aux Etats-Unis, en 1923.

Avant d’entreprendre une carrière artistique, il se tourne d’abord vers des études de botanique puis de médecine et de psychologie à Berkeley.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, en 1943, il s’enrôle comme pilote de l’US Air Force, mais son avion s’écrase pendant un entraînement. Blessé à la colonne vertébrale, Sam Francis passera plusieurs années dans un lit d’hôpital.

C’est à cette période qu’il s’essaie à l’art : alité, il reçoit une boîte d’aquarelle et commence à peindre son environnement proche. Il s’intéresse déjà aux effets de lumière et aux formes abstraites des nuages et du ciel. La peinture devient un exutoire, une thérapie vitale pour le jeune convalescent : « J’ai quitté l’hôpital à travers ma peinture » dira-t-il à ce sujet. Sans doute doit-on à cet épisode la profondeur philosophique et presque physiologique qui unira toujours Francis à l’acte de créer.

David Park, de la School of Fine Art de Californie, lui rend visite régulièrement et l’encourage à s’exprimer par le biais des pinceaux. Il lui fait découvrir de nombreux artistes – Mirò, Picasso…- en lui apportant des oeuvres d’art moderne issues d’une collection privée locale.

Une fois rétabli, le jeune peintre s’inscrit à l’Université de Berkeley pour s’y former à l’art, puis ira suivre dès 1946 les cours du maître abstrait Clyfford Still, pionnier américain de l’art non-figuratif qui marqua durablement la nouvelle génération d’artistes outre-Atlantique.

En 1950, c’est à Paris, dans le foyer des Avant-Gardes par excellence, que Francis vient s’installer. Au total, il passe plus de dix ans en France (jusqu’en 1961), entre Paris et le sud du pays.

En 1952 a lieu sa première exposition personnelle à Paris. Inspiré par le color-field pratiqué par quelques-uns de ses célèbres compatriotes, il s’oriente tout autant vers le tachisme, ce qui le rapproche des peintres français de l’Abstraction Lyrique, mouvement alors porté par des peintres comme Hans Hartung, Georges Mathieu ou Gérard Schneider.

Sam Francis travaille sur des fonds blancs qu’il s’applique à colorer de tâches et de coulures, dans un contraste fort avec le fond vierge qui est ainsi capturé, cerné. Il assimile le fond blanc au ciel.

Francis expérimente toutes les dimensions de supports, dans des séries aux formes tantôt organiques, tantôt mosaïques, mais où apparaissent aussi des figures ou des « linges » (1965-69). Dans les années 1960, l’artiste botaniste révèle la beauté de la nature par des peintures de fumées colorées, projetées dans le ciel par hélicoptère.

Dans les années 70, ce n’est plus son penchant pour la botanique mais celui pour la psychologie qui inspire son travail artistique : il s’intéresse à la théorie jungienne de l’inconscient, ainsi qu’à l’ésotérisme originel, et peint des toiles aux formes primitives, essentielles – grilles, mandalas – ainsi que des autoportraits. Un peu plus tard, il entame sa série des « Peintures Instantanées », où la technique employée est très libre, notamment dans l’éclaboussure des toiles et papiers employés comme supports, qui se couvrent harmonieusement de couleurs éclatantes.

Sam Francis s’est éteint à Santa Monica en 1994.