Emile Othon Friesz

1879 (Le Havre) - 1949 (Paris)


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Biographie

Emile Othon-Friesz, dont la mère était d’origine créole, eut beaucoup de mal à faire admettre à son père, capitaine au long cours, que la véritable vocation de leur fils était la peinture. Il avait été, au Havre, où il était né en 1879, l’élève de Charles Lhuilier, conservateur des musées de la ville et peintre local qui avait eu comme autres élèves Raoul Dufy et Georges Braque. Dufy et Othon-Friesz partagèrent en 1896 un « atelier », en réalité une simple une chambre de bonne.

En 1897, grâce à une bourse de la ville, le jeune peintre partit pour Paris où il entra aux Beaux-Arts dans l’atelier de Léon Bonnat, avec lequel il se fâcha, mais où il rencontra Henri Matisse, Albert Marquet, Georges Rouault, Maurice de Vlaminck et André Derain. Comme tous les étudiants en art, il passa de nombreuses heures au Louvre à copier les anciens : Rubens, Véronèse et Delacroix.

Avec Braque il visita Anvers, puis alla seul peindre en Provence et sur la côte normande. En 1909, il fit un voyage avec Dufy à Munich, puis, avant la première guerre mondiale, il partit pour l’Italie et le Portugal. Après sa démobilisation il continua de peindre et se rendit aux Etats-Unis où il enseigna et où il eut une grande influence sur le développement de l’Art Moderne.

Ses premières œuvres étaient impressionnistes, puis sous l’influence de Van Gogh et de Gauguin, il donna la primauté à la couleur et fit partie du groupe des Fauves : ensemble avec Matisse, Derain, Vlaminck, il exposa au Salon des Indépendants.

Comme le souligne Louis Vauxcelles : ‘Othon Friesz s’enrôle délibérément sous la bannière de Matisse et de Manguin. Il élargit sa manière et illumine sa toile de tons ardents […] De 1905 à 1907, Friesz fut un Fauve parmi les Fauves, préoccupé essentiellement d’orchestrations colorées tout en marquant un penchant pour les vastes paysages, les motifs grandioses, les rythmes amples.’

A partir de 1908, sans doute en raison de l’influence de Paul Cézanne, il s’éloigna du Fauvisme et élabora une œuvre plus constructiviste : sa palette s’assourdit, il privilégia les ocres, les bruns, les verts et les bleus austères. Ses sujets restèrent traditionnels, nus, paysages, natures mortes et portraits. Il réalisa quelques cartons de tapisseries, des décors de scène (notamment « La Lumière » de Duhamel), illustra des livres (dont une édition de luxe de Ronsard), et décora, ensemble avec son ami Raoul Dufy, le Palais de Chaillot à Paris en 1937.

Il s’est éteint en 1949 à Paris.