Raymond Abner

1919 (Le Caire) - 1999 (Paris)

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Biographie

Raymond Abner est né au Caire en 1919. Très vite, il prend le goût du dessin et de la peinture, mais son père souhaite qu’il ait une éducation solide et un « vrai » métier. Pour ce faire, il l’envoie à Mulhouse où il suit des études d’ingénieur entre 1937 et 1939. A vingt ans, Abner se sent libre de se consacrer à l’art et étudie à l’Ecole des Beaux-Arts du Caire de 1941 à 1943. Il commence à exposer ses œuvres figuratives et le Musée d’Art Moderne de la ville lui achète une toile.

Abner arrive à Londres en 1945, où il suit des cours à la Saint Martin’s School jusqu’en 1947. Encouragé par Daniel Wildenstein, dont la galerie se situe non loin de là, il se lance à plein temps dans la peinture.
En 1947, il s’installe à Paris ; il travaille régulièrement à l’Académie Julian, et à l’Académie de la Grande Chaumière où il rencontre le petit-fils de Matisse, qui lui présente son grand-père. À l’époque, Matisse est alité et travaille aux vitraux de la Chapelle de Vence. Cette rencontre est très importante mais c’est avec Fernand Léger qu’en 1948 son réel engagement de peintre va définitivement se confirmer. Abner se présente à Léger en lui disant : « Monsieur Léger, je n’aime pas votre peinture. C’est pourquoi je viens pour apprendre à la connaître ». Le vrai style de l’artiste se met alors en place dans l’atelier du maître, à Pigalle. Léger était non seulement un grand peintre mais aussi un grand professeur ; c’est chez lui qu’Abner va apprendre à voir grand et à dessiner. Il l’initie aux rapports de volumes, de lignes et de couleurs. L’exemple et la leçon du maître vont le conforter et lui conférer les bases de son propre style.
Abner rencontre à la même époque Josette Gris, la femme de Juan Gris, qui, intéressée par son travail, décide Daniel-Henry Kahnweiler à se rendre dans l’atelier d’Abner. Passionné par son œuvre, le célèbre marchand de Picasso, Braque, Gris et Derain, le suit pendant un an au terme duquel il lui propose de signer un contrat d’exclusivité en échange de ses œuvres. L’idée de se défaire de la totalité de son atelier effraie Abner qui refuse et privilégie son indépendance.

En 1950, Abner s’installe dans un atelier en plein Montparnasse, et a pour voisin le peintre Foujita, de trente trois ans son aîné. Les années cinquante sont, à Montparnasse notamment, une période de grande effervescence artistique. Il participe au Salon des Réalités Nouvelles. Vers 1952, il arrive peu à peu à l’Abstraction avec, comme point de départ, son travail de déclinaison sur le thème du chevalet, entre 1948 et 1950. Cette période marque le début de sa période d’Abstraction Géométrique où il crée un espace plus en profondeur. Il expose des tableaux de cette période à la Galerie Denise René en 1956.
Entre 1960 et 1970, il est amené à la période dite des « vues aériennes ». Abner s’oriente vers une quête spirituelle relative à la position de l’homme dans l’espace, cet espace qu’il peut et veut apprivoiser. Ces recherches correspondent aux années de conquête de la lune.
En 1972, il s’installe dans le XVe arrondissement de Paris, dans un atelier qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort ; il  y opère un retour à la Figuration.